Association Touraine -Canada

 

Des bords de Loire aux rives du Saint-Laurent

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Marie de l’Incarnation en terre canadienne : Correspondre à tout prix

Raymond Brodeur, Université Laval (Québec)

Traverser d’un monde à l’autre

En parlant de la traversée de Marie de l’Incarnation, Pierre Nepveu écrit:

Le Nouveau Monde a représenté à l’origine […] une expérience de profonde privation. Le moment des découvertes est souvent trompeur : le paysage s’y donne comme un champ infini de possibilités, on le traverse comme l’a fait Jacques Cartier, dans une sorte d’enchantement et d’avidité sans cesse comblée. Mais bien vite, dès qu’il faut s’arrêter et s’installer, c’est tout ce qui manque qui apparaît soudain sous un jour impitoyable.[1] »

Il ajoute : « C’est ce qui donne tant de prix aux écrits mystiques de Marie de l’Incarnation. Ce point de vue féminin sur le Nouveau Monde est aussi un point de vue radicalement sédentaire et intérieur, qui saisit cette aventure de transplantation dans le prolongement et la logique d’une expérience de l’être, à la fois comme manque et comme intensité suprême[2]. »

La traversée entreprise le 4 mai 1639 dura 3 longs mois éprouvant où « tous les jours nous avons tâché de nous disposer à mourir tant à cause de ennemis que des tourmentes de la mer qui ont été très grands[3] ».

Une installation précaire

Franchissant ce sas Atlantique, Marie passe d’un monde connu à un monde inconnu. Le 1er août, elle accoste enfin sur les rives d’un fleuve gigantesque, dans une petite bourgade de 200 à 250 habitants mal logés, mal nourris, et déprimés en comptant les coureurs des bois et les soldats itinérants. Le gouverneur Charles Huault de Montmagny et les Jésuites sont certes fort heureux de l’arrivée de ces renforts. L'historien Marcel Trudel souligne qu’avec la venue des ursulines et des hospitalières les besoins essentiels de la jeune colonie sont enfin comblés.

Madame de la Peltrie, la généreuse veuve qui a pris à sa charge tous les frais de l’entreprise, avait loué une petite maison qui servit de logement de fortune, maison que Marie appelait sympathiquement « son petit Louvre ». Elle écrit :

« Notre logement était si petit qu’en une pièce d’environ 16 pieds (5mètres) en carré étaient notre chœur, notre parloir, dortoir, réfectoire, et dans une autre, la classe pour les Françaises et les sauvages, et notre cuisine. Nous fîmes faire un appentis pour la chapelle et la sacristie. On ne croirait pas les dépenses qu’il nous a fallu faire dans cette petite maison, quoiqu’elle soit si pauvre que nous voyons par le plafond reluire les étoiles durant la nuit, et qu’à peine y peut-on tenir une chandelle allumée à cause du vent. Un lit est proche de la terre, et l’autre, il y faut monter avec une échelle[4] .»

Sans délais, Marie de l’Incarnation met à profit ses talents de femme d’affaire, car tout était à faire : planifier et organiser le vivre, le manger et le logement sans négliger l’accueil et l’éducation des jeunes amérindiennes pour lesquelles elles étaient d’abord venues. Parmi plusieurs écrits disponibles, cet extrait de lettre du 13 septembre 1640 montre la femme entrepreneuriale et expérimentée toujours aussi vive sous son habit de religieuse :

« J’ai commission de Monsieur le Gouverneur et du R. Père le Jeune de vous envoier une certaine bave[5] qui est comme du coton, afin de faire épreuve en plusieurs façons de ce que l’on en pourrait faire. Je croi qu’il la faudra battre et carder pour voir si on la pourrait filer. Cela est plus délié que la soie et du Castor. Je vous supplie donc de la faire voir à quelqu’un qui ait de l’industrie et, si on la peut façonner et mettre en œuvre, de nous en faire voir des essais. Nous en pourrons affiler ici si l’on trouve qu’elle puisse être utile à quelque chose[6]. »

La première construction

Marie est venue au Canada pour y « bâtir une maison à Jésus et à Marie ». Il ne s’agissait pas là que d’une œuvre spirituelle, mais d’un projet bien concret pour répondre aux besoins des missionnaires et de la mission et également pour être en mesure d’accueillir les jeunes Amérindiennes à qui elle désirait tant faire connaître l’amour de son Seigneur. À peine cinq jours après son arrivée, on la retrouve à pied d’œuvre avec le père Vimont, le père Le Jeune, le gouverneur Montmagny et madame de la Peltrie, pour dénicher le terrain propice à la construction. Au terme de débats assez vigoureux, elle obtint le terrain qu’elle souhaitait « au lieu le plus sûr pour nos personnes et le plus avantageux pour l’instruction[7] .» Chef de chantier efficace, elle entreprit rapidement la construction du monastère, situé à la haute ville, à l'endroit exact qu'il occupe encore aujourd'hui le long des rues Donnacona et du Parloir. Dans les années à venir, une ville agréable à vivre va, petit à petit, prendre forme autour de ce cœur urbain.

Les religieuses y emménagent le 21 novembre 1643. Marie écrit fièrement à son fils : « C’est la plus belle et la plus grande maison qui soit au Canada[8]. »  

Les années d’implantation physique, sociale, spirituelle et conventuelle

Durant cette première décennie d’implantation, Marie vécu des moments de profondes détresses intérieures, une sorte de sécheresse spirituelle qui dura jusqu’en 1647 et qui ne nous est révélée que par son autobiographie de 1654. Au plan de sa vie communautaire, rien n’y paraît, tellement elle se consacre sans réserves à toutes les tâches que commande le quotidien des jours. Elle est aux affaires de ses consœurs, elle s’affaire à l’accueil et à l’enseignement des jeunes filles autochtones et de celles des Blancs que les parents confient de plus en plus aux Ursulines. La gestion et l’administration des biens matériels prennent bien des formes, les parents payant avec ce qu'ils peuvent : beurre, cochons ou peaux de castor.

Comme on peut s’en douter, elle est littéralement submergée dans des flots ininterrompus de correspondance, tant auprès des religieuses de Tours que des bienfaitrices ainsi que de sa famille et de son fils. Elle a également à solutionner le problème de la rédaction des règles propres au Monastère de Québec, ce qui n’est pas une mince affaire dans la mesure où elle se doit de composer avec les appartenances de religieuses provenant de monastères différents ayant chacun leurs règles. Heureusement qu’elle trouve un bon complice en la personne du jésuite Jérôme Lallemand.

Parallèlement à toute cette activité à l’interne de son monastère, elle est également en lien étroit avec les missionnaires qui vont et viennent de Québec aux terres de mission. Ce sont eux ses premiers informateurs sur l’état des missions et du pays en général. Elle suit ainsi de très près toutes les guerres et les tensions qui existent entre les divers peuples autochtones. Elle connaît les menaces qui pèsent sur la fragile colonie. Elle est aussi la confidente et souvent la conseillère des hommes d’affaires, des commerçants et des responsables politiques de la colonie. Les travaux de Françoise Deroy-Pineau sur les divers réseaux sociaux qui se mettent en place autour d’elle à diverses étapes de sa vie montrent bien la vitalité relationnelle et la généreuse présence qui émane de cette amazone de Dieu[9].

Au milieu de toute cette activité, Marie ne perd jamais de vue qu’elle est en ce pays par volonté et nécessité d'instruire les jeunes filles amérindiennes et françaises. Si au départ la volonté missionnaire et coloniale s’exprimait en termes de « transformer les sauvagesses en Européennes policées », elle apprend vit à moduler ce projet en réalisant combien elle a à apprendre au contact de ces personnes qu’elle aime et respecte profondément. Apprenant à connaître et à s’adapter aux us et coutumes de ces filles et de leurs familles et à composer avec leur façon de vivre, elle écrit à son fils, un an après son arrivée :

« L'on nous figuroit le Canada comme un lieu d'horreur; on nous disoit que c'étoit les fauxbourgs de l'Enfer, et qu'il n'y avoit pas au monde un pais plus méprisable. Nous expérimentons le contraire, car nous y trouvons un Paradis, que pour mon particulier je suis indigne d'habiter. Il y a des filles sauvages qui n'ont rien de la barbarie[10]. »

Ce qui l’interpellait le plus était toutefois de parvenir à entrer en conversation avec ces personnes. Cela voulait dire, bien concrètement, apprendre leur langage le plus parfaitement possible. Elle s’y est employée sans délais, profitant de l’expertise des missionnaires Jésuites qui séjournaient dans leur maison de Québec, voisine du Monastère, ainsi que de la présence de quelques jeunes filles autochtones, telle Marie Amiskvian qui « nous a beaucoup aidé dans l'étude de la langue, parce qu'elle parle bien François[11] ». Celle-ci faisait en effet partie des jeunes filles qui avaient été confiées, par les Jésuites, à Marie Rollet, veuve de Louis Hébert, pour leur apprendre, entre autres, le français[12]. Elles devenaient, par le fait même, compétentes pour une rétrotraduction du français vers l’algonquin.

L’année suivant son arrivée à Québec, elle écrivit à l’un de ses frères : « nous étudions la langue Algonquine par préceptes et par méthode, ce qui est très difficile. Notre Seigneur néanmoins me fait la grâce d’y trouver de la facilité, ce qui m’est d’une très grande consolation[13] ». Le même jour, elle écrivit à une religieuse de la Visitation de Tour:

« Il faut que je vous avoue qu’en France je ne me fusse jamais donné la peine de lire une histoire; et maintenant il faut que je lise et médite toute sorte de choses en sauvage. Nous faisons nos études en cette langue barbare comme font ces jeunes enfans, qui vont au Collège pour apprendre le Latin. Nos Révérends Pères quoique grands docteurs en viennent là aussi-bien que nous, et ils le font avec une affection et docilité incroiable[14]. »

L’incendie de 1650 et l’appui de la population

Une nouvelle phase de la vie des Ursulines en Nouvelle-France se dessine au moment de l’incendie du monastère, la nuit du 31 décembre 1650. Françoise Deroy Pineau écrit :

« La phase est caractérisée par une nouvelle mobilisation de ressources pour reconstruire le monastère, mais cette fois-ci en symbiose avec les colons, plus nombreux, les autorités locales et la construction de tout le nouveau pays. Marie doit réactiver ses liens en France et en Nouvelle-France. À Québec, dès l'incendie, les habitants se dessaisissent de ce qu'ils ont pour aider les religieuses à survivre. Ils craignent que leur départ ne soit la fin de la colonie. C'est dire l'influence du monastère sur la société de Québec. Les Ouendats, les plus proches en 1651, offrent leur plus grande richesse : deux wampums ou colliers de nacre qui constituent aussi des cadeaux symboliques très importants prouvant la force des liens qui les unissent aux Ursulines. La reconstruction rapide du monastère avec la collaboration des habitants est un indice de son importance locale et de son intégration dans la société québécoise. Les Ursulines, qui reçoivent du renfort des monastères de France, accueillent de plus en plus d'élèves françaises et amérindiennes[15]»

Dernière étape de la vie de Marie

La dernière étape de la vie de Marie de l’Incarnation se profile avec l’arrivée du premier évêque de Québec, Monseigneur de Laval, en 1659, suivie de près, en 1663, par l’établissement du Conseil souverain de la Nouvelle-France établie par Louis XIV et Colbert. Depuis cette date, jusqu’à sa mort en 1672, le cadre de vie dans ce Nouveau-Monde va être profondément transformée. L’instance politique est résolue à tout mettre en œuvre pour coloniser le pays et les populations autochtones. Le peuplement va rapidement s’accélérer. De 250 à 300 habitants que comptait la bourgade à l’arrivée de Marie, le premier recensement effectué en 1666 dénombre 3215 Européens dans la vallée du Saint-Laurent. Six années plus tard, en 1672, l’année de sa mort, cette population aura doublée avec ses 6700 habitants. Cette augmentation est due en bonne partie au débarquement des huit-cents filles du Roy venues pour s’installer à demeure en épousant entre autre les soldats du Régiment de Carigan-Salière.

Marie de l’Incarnation, une femme de correspondance

Le souci et le soin de la correspondance sont des éléments qui se dégagent de l’ensemble des écrits et des œuvres de Marie de l’Incarnation, éléments globaux qui concernent autant son attitude intérieure que son comportement effectif au fil du quotidien[16]. Elle cherche, dès son plus jeune âge, à correspondre à ce que veut d’elle ce plus beau des enfants des hommes qu’elle a reconnu dans son rêve de 7 ans. Elle se donne des « bandements de têtes » à vouloir correspondre le plus parfaitement possible aux consignes formulées soit dans les manuels de spiritualités qu’elle lit ou encore par Dom François, son premier confesseur. Par la suite, elle obéit à ce que lui demande son nouveau confesseur, dom Raymond de Saint-Bernard, de ne plus lire ces guides de spiritualité, mais de suivre les mouvements de l’Esprit et de lui faire part de ce qu’elle fait. Dans son autobiographie, elle demande pardon pour ses «  incorrespondances aux grâces et faveurs spirituelles » de son divin Époux[17]. Toute sa vie se tisse, au jour le jour, entre son ardent désir de correspondre le plus exactement possible aux voies ou aux appels qui surgissent en elle, la gestion des réalités concrètes et l’assentiment de ses supérieurs et confesseurs. Elle écrit: « lorsque Dieu appelle [sa créature] à ce genre de vie intérieure, la correspondance est absolument requise avec l’abandon de tout soi-même à la divine providence, supposée la conduite d’un directeur […] pourvu que ce soit un homme de bien[18] ». Des conflits vont survenir entre ce qu’elle reconnaît comme des appels de son divin Époux, les obligations de la vie concrète et ce que veulent ses confesseurs ou directeurs spirituels. Cela ne fera que retarder l’exécution des projets, mais ne les anéantira jamais.

Cette correspondance d’ordre spirituel est comme le volet caché, la partie immergée de l’iceberg que révèle son intarissable production épistolaire. On estime à plus de 13000 lettres cette correspondance dont on a malheureusement perdu la grande majorité. Les lettres qui restent, tout comme ses deux autobiographies écrites pour correspondre à des demandes bien particulières, n’ont jamais été réalisées en vue de l’édition, mais bien de la relation avec ses interlocuteurs. Marie écrit même qu’elle n’a pas le temps de se relire et que parfois elle ne sait pas ce qui sortira de sa plume. Elle prend néanmoins tout le temps qui est possible pour correspondre avec ses êtres chers et avec ses partenaires bienfaiteurs.

Enfin, sur le plan culturel et pédagogique, son approche et son travail linguistique auprès des premiers habitants du Nouveau-Monde exprime sa volonté radicale de correspondre avec eux. Elle écrit à sa supérieure de Tours :

« Qui suis-je ma très-aimée Sœur, pour avoir été appellée à un employ si saint? Je n'eusse jamais osé avoir seulement la pensée de pouvoir parvenir à pouvoir enseigner nos chers Néophites, et néanmoins notre bon Maître me donne la facilité à le faire en leur langue. Je vous avoue qu'il y a bien des épines à apprendre un langage si contraire au nôtre ; Et pourtant on se rit de moy quand je dis qu'il y a de la peine : car on me représente que si la peine étoit si grande, je n'y aurois pas tant de facilité. Mais croyez moy, le désir de parler fait beaucoup : je voudrois faire sortir mon cœur par ma langue pour dire à mes chers Néophites ce qu'il sent de l'amour de Dieu et de Jésus notre bon Maître[19]. »

Après avoir appris l’Algonquin et le Montagnais, elle se mit à l’étude de la langue huronne, en 1650, puis à l’Iroquois un peu plus tard. Où puise-t-elle toute cette énergie, sinon dans cette volonté et dans ce désir de correspondre le plus parfaitement possible à sa vocation. En 1662, elle écrit :

« Chacun tend à ce qu'il aime ; les Marchands à gagner de l'argent, et les Révérends Pères et nous à gagner des âmes. Ce dernier motif est un puissant aiguillon pour picquer et animer un cœur. J'avois l'hiver dernier trois ou quatre jeunes Sueurs continuellement auprès de moy pour assouvir le désir qu'elles avoient d'apprendre ce que je sçay des langues du païs. Leur grande avidité me donnoit de la ferveur et des forces pour les instruire de bouche et par écrit de tout ce qui est nécessaire à ce dessein. Depuis l'Advent de Noël, jusqu'à la fin de Février je leur ai écrit un Catéchisme Huron, trois Catéchismes Algonguins, toutes les prières Chrétiennes en cette langue et un gros Dictionnaire Algonguin. Je vous assure que j'en étois fatiguée au dernier point, mais il falloit satisfaire des cœurs que je voiois dans le désir de servir Dieu dans les fonctions où notre Institut nous engage[20]

Conclusion

Je disais, plus haut, que toute sa correspondance écrite était, à l’image de l’iceberg, comme la face apparente du désir le plus profond qui traverse toute sa vie, celui de correspondre à son divin époux. Je terminerai ce survol de la vie canadienne de cette éminente tourangelle avec cet extrait tiré de la lettre qu’elle écrivait, un an après son arrivée au Canada, à sa supérieure de Tours, concernant la pédagogie de celui auquel elle a choisi de correspondre toute sa vie :

« Pensez-vous, ma très-aimée Mère, qu'il ne faille pas changer d'état pour entrer dans les véritables sentimens de ces fonctions Apostoliques de notre nouvelle Église? Il le faut sans doute. […] Pour bien goûter la vocation du Canada, il faut de nécessité mourir à tout ; et si l'âme ne s'efforce de le faire, Dieu le fait luy-même, et se rend inexorable à la nature, pour la réduire à cette mort, qui par une espèce de nécessité l'élève à une sainteté éminente. […]Car enfin, il en faut venir là, et il ne faut pas penser de pouvoir vivre dans cette nouvelle terre de bénédiction qu'avec un esprit nouveau. […] [qui trace le grand chemin] dans lequel je vous assure que je n'avois pas fait le premier pas quand je suis sortie de notre Maison de Tours.[21]»


[1]                      Pierre Nepveu,  Intérieurs du Nouveau Monde. Essais sur les littératures du Québec et des Amériques, Montréal, Boréal, 1998.

[2]                      Ibid., p. 31.

[3]                      Guy-Marie Oury, « Lettre XXXIX, 20 mai 1639 », Marie de l’Incarnation. Correspondance, Solesmes, Abbaye de Solesmes, 1971, p. 86.Désormais cité « Correspondance ».

[4]                      Lettre citée par Hélène Bélanger, Marie de l’Incarnation. Une femme à découvrir, Montréal, Mediaspaul, 2011, p. 160.

[5]                      Dans le livre de L. Doresse, Les Tissus fém., 1949, p. 26, on lit : »Pour cela, [le ver à soie] jette d'une brindille à l'autre un fil replié un très grand nombre de fois qui forme un réseau dans lequel il s'enferme : c'est la bourre, ou « bave », ou « blaze » qui enveloppe le cocon.

[6]                      « Lettre L  du 13 septembre 1640», Correspondance, p. 119.

[7]                      « Lettre LIX du 16 septembre 1641 », Correspondance, p. 144.

[8]                      La Relation des Jésuites de 1644 rapporte : « les religieuses ont fait agrandir cette année leur corps de logis, pour avoir une chapelle et loger davantage de religieuses et de séminaristes […]. » On y lit encore : « fenêtres et portes fermaient mal; les chassis des fenêtres étaient mal joints; le vent entrait au couvent comme chez lui et les ouvriers, imparfaitement initiés aux conditions du pays, s’étaient montrés trop avares de cheminées. »

[9]                      Françoise Deroy-Pineau, Marie de l’Incarnation. Marie Guyart, femme d’affaires, mystique, mère de la Nouvelle-France (1599-1672), Montréal, Bellarmin, 2e ed. 1999.

[10]                    Correspondance, « Lettre du 4 septembre 1640 », p. 112.

[11]                    Correspondance, « Lettre à une dame de qualité, 3 septembre 1640 », p. 95

[12]                    Correspondance. 100, note 11.

[13]                    . Correspondance, « Lettre du 4 septembre 1640 », p. 112.

[14]                    . Correspondance, « Lettre du 4 septembre 1640 », p. 108.

[15]            Voir le développement de cet article à l’adresse suivante : http://www.ehess.fr/centres/ceifr/assr/N113/DEROY-PINEAU1.htm

[16]                    Alexandre Julien, Archéologie intérieure de Marie de l’Incarnation : La notion de correspondance dans la Relation de 1654, Mémoire de maîtrise, Université Laval, 2011.

[17]                    Écrits spirituels t. II, p. 118, 269, 311, 318.

[18]                    Écrits spirituels, t. II, p. 94.

[19]                    . Correspondance, « Lettre à la Mère Marie-Gilette Roland, 30 août 1641 », p. 125.

[20]                    Correspondance, « Lettre à son fils, 10 août 1662 », p. 678. Six années plus tard, en 1668, elle lui écrit encore : « Depuis le commencement du Carême dernier jusqu'à l'Ascension j'ay écrit un gros livre Algonquin de l'histoire sacrée et de choses saintes, avec un Dictionaire et un Catéchisme Hiroquois, qui est un trésor. L'année dernière j'écrivis un gros Dictionnaire Algonquin à l'alphabet François ; j'en ai un autre à l'alphabet Sauvage. Je vous dis cela pour vous faire voir que la bonté divine me donne des forces dans ma foiblesse pour laisser à mes Sueurs dequoy travailler à son service pour le salut des âmes », Correspondance, « Lettre du 9 août 1668 », p. 801.

[21]                    Correspondance, « Lettre du 15 sept 1641 », p. 140.