Association Touraine -Canada

 

Des bords de Loire aux rives du Saint-Laurent

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Visite rapide de la Chapelle Notre-Dame des Vertus à La Flèche avec Jean PETIT

Les congressistes du Colloque Marie de l’Incarnation ont effectué entre Tours et Solesmes une courte halte le mardi 14 mai 2013 à la Chapelle Notre-Dame-des-Vertus, un des joyaux du patrimoine fléchois. Ce modeste édifice demeure le plus ancien sanctuaire de la ville. Construit à la période gallo-romaine au carrefour de voies romaines allant de Tours à Laval   (Castrum de Jublains) et du Mans à Angers, ce sanctuaire chrétien depuis l’évangélisation de la Touraine et de l’Anjou par saint Martin, devint église paroissiale sous le nom de Saint-Barthélémy. L’édifice fut modifié au XI° siècle avec un porche roman et surtout au XVII° siècle avec la création de l’important collège que le roi Henri IV fit construire sur l’emplacement du château familial donné aux Jésuites. En effet, au cours de ce siècle les jésuites restaurèrent ce lieu et lui donnèrent le nom de Notre-Dame-des-Vertus pour complaire au roi Louis XIII, dévôt de Notre-Dame des Vertus d’Aubervilliers, après la naissance de Louis XIV. Ils en firent une chapelle pour les exercices d’une congrégation mariale d’élèves et de notables de La Flèche, parmi lesquels figure Jérôme Le Royer de la Dauversière, promoteur de la fondation de Montréal en mai 1642. Cet ancien condisciple de René Descartes au collège jésuite, receveur des tailles en l’Election de La Flèche, ce père d’une famille de cinq enfants, fondateur de l’Institut des Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, recruta M. de Maisonneuve comme capitaine pour la colonie naissante, mais aussi Jeanne Mance et de nombreux colons partis de La Flèche entre 1641 et 1659. Comme les jeunes jésuites Isaac Jogues et Gabriel Lalemant qui séjournèrent au Collège pour leurs études de philosophie, Jérôme Le Royer vint prier à Notre-Dame des Vertus. Les murs de la chapelle en gardent le souvenir. C’est dans ce sanctuaire qu’on lisait aussi des passages des Relations de ce qui se passait en Nouvelle-France pour stimuler l’intérêt des collégiens à la Mission. Voilà pourquoi bien des Québécois et des Canadiens en général viennent visiter Notre-Dame-des-Vertus, de nos jours encore, en souvenance de leurs ancêtres partis des régions circumvoisines de La Flèche au XVII° siècle et qui avant de partir pour la Nouvelle-France étaient venus prier en cette chapelle.

Le lieu mérite une visite pour son décor intérieur revu au XIX° siècle, mais son chœur manifeste par son architecture l’esprit de la Réforme catholique. Des statues de la Vierge, de sainte Anne, de saint Joseph, des toiles peintes de la même période, comme L’éducation de la Vierge Marie par Pierre Besnard (1670), ou encore le lambris peint témoignent de la spiritualité de ce que Henri Bremond appelle l’École française, avec un accent particulier pour la représentation de l’Adoration eucharistique et du début de la dévotion au Cœur du Christ. Ajoutons que la chapelle Notre-Dame des Vertus comporte également le plus ancien objet mobilier de La Flèche, la porte monumentale dite du Guerrier musulman (1470).

On comprend donc pourquoi des ambassadeurs du Canada, comme monsieur Lucien Bouchard, des ministres du Canada comme monsieur Marcel Masse, la télévision Radio-Canada ont tenu à connaître ce lieu de mémoire qui perpétue le souvenir de départs fondateurs pour la Nouvelle-France et l’amitié franco-canadienne.  

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